Le concept sur lequel se sont construits le Marché commun européen puis la mondialisation des échanges a un nom : c’est la « loi des avantages comparatifs », définie au début du XIXe siècle par l’économiste britannique David Ricardo, selon laquelle, dans un système de libre-échange, chaque pays qui se spécialise dans les productions où il est le plus efficace accroît sa propre richesse et celle de l’ensemble.
L’expérience européenne et la croissance mondiale de ces dernières années montrent suffisamment que cette loi est efficiente : elle permet de développer les échanges, donc la croissance globale, mais elle ne garantit pas une répartition équilibréedes fruits de cette croissance entre et au sein même des pays. Certes, les inégalités se sont réduites entre les pays occidentaux et ceux longtemps dits en voie de développement, mais le processus s’accompagne trop souvent de l’appauvrissement de certaines catégories de populations au sein même des premiers.
Ce déclassement, qui frappe particulièrement les classes moyennes dont le pouvoir d’achat stagne depuis vingt ans, est, pour une large part, à l’origine de l’échec de Hillary Clinton et de la victoire de
