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Hier, en séance de Live Trading, nous avons évoqué avec nos clients une information passée relativement inaperçue au sein des relais médiatiques. Pourtant, elle peut témoigner des tensions et des pressions qu’exercent réciproquement entre eux la Grèce, et le reste de l’Eurogroupe. Ainsi, Alexis Tsipras était hier en visite officielle à Moscou où il a notamment rencontré Vladimir Poutine. Façon implicite de montrer à l’Union Européenne qu’Athènes a d’autres solutions que de s’accrocher au Vieux Continent en cas de Grexit. Pour autant, cette visite semblait plus être un coup de poker qu’une véritable démonstration de force. Décryptage.
L’information n’a pas encore de quoi faire trembler les marchés mais elle étoffe néanmoins notre trame de fond quant au dossier grec, alors que le reste des vecteurs d’actualités et de publications économiques se veulent relativement calmes. Notamment le compte-rendu du FOMC dévoilé hier soir à 20h00 qui n’aura rien permis d’incroyable, si ce n’est de confirmer que les membres de la Fed sont partagés quant au calendrier de relèvement des taux américains. Certains membres du FOMC évoquent notamment un relèvement en 2016. Qu’importe, pour l’heure. Tsipras, donc, a rencontré Poutine. L’occasion pour Athènes de tacler un peu (et c’est de bonne guerre) l’UE, en réclamant notamment « l’abandon du cercle vicieux des sanctions ».
Tsipras renvoie bien évidemment aux sanctions occidentales contre la Russie, décidées suite à l’implication du Kremlin dans les tensions de l’Est ukrainien que nous couvrions ces neuf derniers mois. Il a précisément évoqué selon l’AFP et France 24 : « Pour résoudre cette crise profonde, il faut abandonner le cercle vicieux des sanctions, qui ne contribuent pas à la défense du droit international ». Mais le rapprochement entre les deux dirigeants s’est globalement arrêté là. Aucune aide financière n’a été demandée par Athènes à Moscou. Officiellement en tous cas. Après qu’un de ses ministres ait affirmé plus tôt dans la journée que le Kremlin lèverait son embargo sur les produits alimentaires grecs (la Russie a imposé cet embargo à toute l’Europe en réponse aux sanctions de l’UE), Poutine a rectifié le tir. Aucune exemption ne sera validée.
Le chef du Kremlin a néanmoins confirmé que la Russie pourrait allouer plus de fonds pour certains projets communs, notamment autour d’un dossier titanesque de gazoduc associant également la Turquie. En somme : rien d’incroyable, rien de bien concret, rien de bien efficace. Mais le symbole est bel et bien là alors que les négociations se poursuivent toujours au sein de l’Eurogroupe quant au financement de la Grèce à court et moyen terme. Cette rencontre se veut avant tout symbolique et aura marqué les esprits des observateurs internationaux. Pour autant, et plus que jamais, les marges de manœuvre de Tsipras sont extrêmement limitées : tant sur le plan national qu’international. Enfin, et tout au long de la séance, nous vous invitons à la prudence sur les marchés, tant les signaux de fragilité se multiplient depuis plusieurs heures sur les indices européens.
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Tags: analyse, macro-économique

